Le rejet des beautés fades
Dans L’Idéal, sonnet des Fleurs du Mal publié en 1857 et placé dans la section Spleen et Idéal, Baudelaire oppose ses goûts aux modèles de beauté qu’il critique. Les deux quatrains dénoncent notamment les « beautés de vignettes », associées à la banalité, et les « beautés d’hôpital », liées aux figures pâles et maladives popularisées par Gavarni. Les pâles roses s’opposent au rouge idéal, couleur de passion intense, d’érotisme et de violence.
Une beauté tragique et inquiétante
Dans les deux tercets, le poète présente des modèles capables de satisfaire son cœur « profond comme un abîme » : Lady Macbeth, héroïne de Shakespeare marquée par le crime et la passion, et La Nuit, sculpture monumentale de Michel-Ange. Ces figures incarnent une beauté puissante, sombre et troublante.
Le poème fait ainsi apparaître un paradoxe : Baudelaire affirme rechercher une beauté classique et intemporelle, mais choisit des images tragiques et étranges. Son Idéal esthétique ne correspond pas à la gentillesse ni à la perfection morale ; il privilégie la profondeur et le mystère.
- Quatrains : critique des beautés fades.
- Tercets : affirmation d’un idéal sombre et puissant.