Le projet naturaliste
Émile Zola est une figure majeure du naturalisme. Celui-ci entend représenter la réalité sociale sans l’idéaliser et donne au roman une démarche d’observation inspirée des sciences. Le déterminisme associe les comportements et les destins à deux facteurs : l’hérédité, qui transmet des dispositions, et le milieu social, qui comprend notamment les conditions de vie et le métier. Le romancier observe leurs effets pour analyser les conduites et les injustices.
Une fresque familiale
Les Rougon-Macquart réunissent vingt romans sous le sous-titre Histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire. L’ensemble suit plusieurs générations d’une même famille et traverse des milieux sociaux variés. Les Rougon sont associés à l’ambition, à la richesse et au pouvoir ; les Macquart à la pauvreté, à la maladie et à la marginalité. L’Assommoir traite de la vie ouvrière parisienne, Germinal de celle des mineurs et de la lutte sociale, Nana de la prostitution et de la haute bourgeoisie, et Au Bonheur des Dames des grands magasins et de la consommation.
Précurseurs et engagement
- Les frères Edmond et Jules Goncourt précèdent Zola dans l’observation naturaliste ; leur roman Germinie Lacerteux constitue un repère de cette démarche. Zola s’engage aussi dans l’Affaire Dreyfus : sa lettre ouverte « J’accuse…! » dénonce l’accusation portée contre l’officier.